Lionel et Stéphane Chapuis, accordéonistes


Bandonéon

Tango et bandonéon

Le tango, né dans les bas quartiers de Buenos Aires, plonge ses racines dans différentes cultures. Au 19ème siècle, la population argentine était constituée d’une partie importante d’esclaves africains qui se réunissaient dans des lieux alors appellés «tango» (mot d’origine africaine) pour y jouer du tambour.

A la fin du siècle, la grande vague d’immigration européenne emporte dans ses bagages ses diverses cultures. Le métissage des cultures européennes  à la culture africaine (surtout ses rythmes) a, dans un premier temps, donné naissance à la danse «tango», qui n’était qu’une «imitation» des danses africaines par les banlieusards de l’époque. Ce n’est que plus tard, que la musique «tango» est venue accompagner la danse.

Le rythme traditionnel fut abandonné vers 1955, pour céder la place au nouveau tango, qui s'écoute plus qu'il ne se danse. Pour la première fois dans l'histoire, le tango fut admis à l'université et dans les salles de concerts.

 

Le Bandonéon

Vers 1865, parmi les équipages et les immigrants qui débarquaient régulièrement au port de Buenos Aires se trouvait un marin qui transportait avec lui un drôle d'instrument.

L'origine du matelot demeure incertaine, mais nous savons que l'instrument venait d'Allemagne et qu'il portait le nom de bandonéon en l'honneur de son inventeur, un certain M. Band. Les historiens nous disent que cet instrument servait à accompagner les discours des prédicateurs des églises pauvres. Il avait des sonorités d'orgue et l'immense avantage d'être portatif : on pouvait le suspendre à son cou avec une petite corde et mener ainsi les processions.

Sitôt débarqué en Argentine, le bandonéon s'intègre au tango et remplace vite la flûte dans les
orchestres. Cet instrument changea complètement la physionomie musicale du tango. Avec lui, le tango perdit son aspect badin et tapageur et adopta une attitude sévère et cadencée. Il se libéra de ses fioritures pour ne garder que l'essentiel de son propos. Le bandonéon devint ainsi le conteur officiel de la mélancolie et de l'amertume du portègne, l'habitant de Buenos Aires.

"Dans les plis du bandonéon, le tango apporte des mélodies où
coulent une énorme générosité, une manière de vivre au jour le
jour, un romanesque enrichissant. Comme les blues des Noirs
américains, il exprime l'homme blessé... il dit les difficultés et
les déboires de la vie, la protestation de la situation sociale, il
est le chant de celui qui ne peut voir le soleil se coucher parce
que la femme l'a laissé tomber. Mais il est aussi la parade du coq
qui veut conquérir la femelle, l'exhibition du macho, du mâle qui
s'impose, commande, écarte ses adversaires..."
Claude Fléouter, Le Tango de Buenos Aires, 1979.


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